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Entretien avec Christophe Zalio

Christophe Zalio

Monsieur Christophe Zalio enseigne le français, l’Histoire et la géographie depuis treize ans. Il est responsable de plusieurs sites internet, dont www.alterdemocratie.org et www.notremonde.org. Il est également Co-Président d’une association loi 1901, plus précisément d’un Mouvement humaniste, le MCT (Mouvement Citerrien). Il travaille également, en ce moment, à l’élaboration, avec d’autres personnes, d’une plate-forme politique pour les élections nationales de 2007. Il vit Bordeaux.

D-E.ORG : Pouvez-vous nous présenter vos deux sites ?
C.Z. : "Mon tout premier site, www.notremonde.org, (qui en fait n’a qu’un an) est le fruit d’une frustration de 20 ans : l’impossibilité de faire partager mes idées, ma vision du monde, à d’autres personnes que mes amis proches. J’ai découvert internet, j’ai appris à manier l’outil, et je me suis rendu compte que je pourrais toucher un grand nombre de personnes grâce à cet outil. J’ai donc décidé de créer quelques pages en rapport avec ce qui m’intéressait, et de fil en aiguille j’ai élaboré un site généraliste sur l’état de notre monde aujourd’hui. Je dis « généraliste » car le site aborde bien des problèmes différents : environnement, santé, économie, politique, injustices, etc., mais tous gardent un rapport avec le titre du site: « un monde meilleur ». Mon but ultime est de faire comprendre aux gens que tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes et que nous pouvons changer des choses, c'est-à-dire sortir de l’immobilisme.
Mon dernier site, www.alterdemocratie.org, qui a cinq mois, est la conséquence d’une réflexion issue de mes différentes activités dans le domaine associatif. Je crois maintenant que rien de significatif dans notre monde ne se fera sans la mise en place, par les citoyens eux-mêmes, de régimes démocratiques à participation citoyenne directe. Je suis redevable à un conseiller politique canadien, avec qui je suis en contact régulièrement, M. Allard, de m’avoir fait comprendre certains rouages du fonctionnement de nos sociétés. Ce monsieur, qui a rencontré de nombreux Chefs d’Etat de ce monde, m’a inspiré ce combat, à savoir faire naître contre vents et marées une situation favorable à une réelle prise de pouvoir des citoyens. Ce qui ne serait, ni plus ni moins, que le respect de notre Constitution républicaine. Ce dernier site est donc plus axé sur la démocratie, sur la politique. Je tente d’informer les internautes en suivant les débats du parlement, et je propose MES solutions, afin de montrer que tout un chacun peut faire valoir ses idées."

D-E.ORG : Comment avez-vous approché internet ?
C.Z. : "J’aimais l’informatique, plus précisément travailler avec un ordinateur : écrire avec Word, scanner des documents, etc. Quand les FAI se sont multipliaient et lorsque les offres sont devenues abordables financièrement, c'est-à-dire il y a deux ans, j’ai découvert la richesse du web. La possibilité d’accéder à une somme de connaissances inimaginable et pouvoir communiquer avec le monde entier m’a beaucoup plu. Lorsque j’ai voulu moi-même être acteur, j’ai acheté des livres et j’ai appris. J’ai ainsi créé des sites et j’ai pu me protéger tant bien que mal des virus et autres spams. Je me souviens, tout de même, avoir passé deux jours entiers non-stop, tout seul, à rebooter mon ordinateur suite à un virus ! La prochaine étape sera, je pense, l’installation, chez moi, d’un serveur privé, mais j’ai d’autres projets pour 2005 !"

D-E.ORG : Comment vos usages ont évolué avec le temps ?
C.Z. : "Je pense que je suis plus accès, aujourd’hui, sur la communication avec des personnes, sur l’échange d’idées, de sentiments, mais cela est dû à mes activités associatives. Je crois, néanmoins, qu’internet est actuellement un des rares outils capable de relier les gens, donc un agent puissant de la nouvelle démocratie."

D-E.ORG : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
C.Z. : "Les difficultés se situent au niveau des mails. Recevant entre vingt et trente mails par jour, je suis victime de spams et de virus envoyés dans les pièces jointes ou les en-têtes. Ceci m’oblige à lire la plupart de mes courriels en texte brut, à ignorer certains documents qui pourraient m’intéresser et à être sur mes gardes continuellement. Sinon, je n’ai aucun problème particulier pour surfer. J’ai une connexion 1024Kbs qui est performante. A ce sujet, depuis que j’ai fait l’acquisition d’un terminal « triple play » avec téléphone sur voix IP, j’ai énormément moins d’attaques et mon pare-feu personnel est presque inutile ! Car, en fait, le danger principal d’internet provient de ces attaques d’hackeurs qui vous piratent à votre insu lorsque vous surfez. Si je peux faire de la pub ici, je recommande à tous vos lecteurs ZoneAlarm, qui me semble le firewall le plus performant."

D-E.ORG : Pensez-vous que l'Internet puisse renforcer la démocratie ?
C.Z. : "Oui, je crois qu’internet peut aider à relier les gens, les idées et donc à terme pousser les citoyens à agir. Car c’est bien le problème actuel, la croyance des gens en une société figée où tout est déjà écrit et que l’on doit subir. D’où leur passivité politique. Quand je parle de politique, je l’entends au sens premier, étymologique, la possibilité des gens de s’occuper des affaires de la « cité ». Qu’avons-nous d’autre aujourd’hui comme moyen d’expression ? Même si je n’ai pas encore, moi-même, contacté des éditeurs pour publier mes textes, je connais beaucoup de personnes qui reçoivent inéluctablement des fins de non recevoir quant à la publication de leurs ouvrages. Concernant la presse, cela fait presque deux mois que j’attends des réponses à mes courriels envoyés aux rédacteurs en chef des quotidiens français ! Vous me rétorquerez peut-être qu’il y a l’art, mais à moins d’être issu d’une grande famille ou millionnaire comment vivre de son art aujourd’hui ? Internet reste un formidable outil de communication."

D-E.ORG : Que pensez-vous de la liberté sur Internet ? Quelles sont ses limites ?
C.Z. : "C’est parce que les gens se sentent libres, peuvent écrire rapidement quand ils le veulent, peuvent s’informer différemment et gratuitement, parce qu’ils se sentent acteurs aussi qu’ils utilisent internet.. Mais cette liberté ne plaît pas beaucoup à quelques-uns de nos gouvernants. La loi LEN, si elle est adoptée, signera la fin de la liberté sur le net puisque nos courriels ne seront plus confidentiels, alors qu’ils relèvent de la correspondance privée, et les FAI seront érigés en tribunal avec la possibilité de nous censurer. Les FAI eux-mêmes ne veulent pas de cette loi et envisagent la possibilité de fermer leur serveurs à un certain nombre de sites. A ce moment là, la liberté n’existera plus et internet perdra de son intérêt.
Les limites de la liberté devraient consister uniquement en une sanction pénale (jugement d’un tribunal) de services dangereux : pédophilie, organisations criminelles, violence gratuite…"

D-E.ORG : Quelles seraient vos recommandations aux décideurs dans ce domaine ?
C.Z. : "Je crois qu’ils devraient s’attaquer aux organisations importantes, celles notamment qui font de l’argent sur le dos de la souffrance humaine et laisser une grande liberté de création aux autres, sous peine de détruire cet outil magique."

D-E.ORG : Que pensez-vous du vote par Internet / du vote électronique ?
C.Z. : "Je n’ai jamais voté par internet mais il me semble que l’on pourrait utiliser le net pour fortifier la démocratie. Utiliser internet en politique permettrait de redonner aux gens la possibilité de s’exprimer directement. Je crois que le vote électronique est appelé à se développer, il suffit juste qu’un organisme autonome, sorte de DGSE indépendante du pouvoir en place, veille à la régularité du vote. En cas de bug, il suffirait de recommencer, sachant qu’avec un système puissant et protégé tout pirate peut-être identifié aujourd’hui."

D-E.ORG :
Etes-vous l'usager de l'e-administration ?
C.Z. : "Personnellement, je me sers du net pour mes impôts. C’est pratique et moins contraignant que la méthode sur papier."

D-E.ORG : Au moment de différentes élections, quelle est votre usage des sites des candidats / partis politiques ?
C.Z. : "Je ne consulte que très peu les sites des candidats, encore moins ceux des partis."

D-E.ORG :
Vos sites préférés ? Quelle est la part de votre utilisation du web francophone, anglophone ou mondial ?
C.Z. : "Je consulte essentiellement les sites d’informations, quelques forums, les sites officiels des grandes organisations internationales et ceux des associations, en français."

D-E.ORG : Comment voyez-vous l'évolution de l'Internet pour les années à venir ?
C.Z. : "Tout dépendra des décisions de nos gouvernants. Soit ils laisseront internet se développer dans une relative liberté, soit ils choisiront la censure, et là je résilierais mon abonnement."

D-E.ORG : Merci beaucoup, Monsieur Zalio, de cet entretien.