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4e Journée du Livre d'Economie
: "Nouvelles technologies : quelle place pour l'homme ?"
Samedi 23 novembre 2002, de 10h30
à 18h00, au Sénat
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Atelier - débat n° 3 : Vers l'e-société ?
Jean-Michel Blier
a introduit le débat en parlant de l'e-gouvernement
et de l'e-administration. Il est persuadé qu'un jour, tout citoyen
aura une seule carte avec un identifiant, comme aujourd'hui la carte
de la sécurité sociale, afin de consulter l'e-administration
et ses e-dossiers.
Henri Plagnol
caractérise l'Internet comme un facteur de
liberté (par exemple, dans le système chinois, le gouvernement
consacre beaucoup d'argent à traquer les internautes), mais en
même temps l'Internet constituerait une menace.
Il imagine une e-administration ou chacun aurait son choix, chacun l'approcherait
de la façon qui lui conviendrait le mieux. Il a également
souligné que le gouvernement Raffarin souhaite d'ici 2007 couvrir
tout le territoire de la France par le haut débit.
Il a insisté sur le fait qu'il fallait que la société
entière s'empare de l'Internet, afin de réduire la fracture
numérique.
Selon Jérôme
Bindé, l'Internet représente
une révolution qui est en train de bouleverser le secret (interception
des e-mails par les services secrets, les hackers,...). Le rêve
d'une communication universelle serait en train de devenir une réalité,
mais au risque de tomber dans le cyber anarchisme (idéologie
de transparence absolue) ou de devenir l'instrument de la dictature
(des écoutes, nos empreintes - et non seulement digitales,...).
La société aujourd'hui se caractérise par une obsession
croissante du secret (secret de la vie privée, de la confession,...).
Jérôme Bindé se demande, alors, si cette révolution
informatique mènera au 21-ème siècle à une
société de connaissance ou une société du
secret organisé ? Quelle logique va présider au monde
numérique ? Va-t-on vers un réseau ouvert ou vers des
réseaux fermés (Intranet, des réseaux où
on rentre avec un identifiant,...), sachant qu'aujourd'hui déjà
2 tiers de réseaux sont des réseaux privés et qu'aux
Etats-Unis, chaque année, 6 millions de documents sont classés
" secrets " (secret défense,...). Va-t-on vers une
tyrannie de l'information cachée ? Va-t-on vers une société
du secret organisé, comme celle du crime organisé ?
Concernant la fracture numérique, pour Jérôme Bindé,
la question n'est pas tellement " les technologies ", mais
plutôt " la culture ".
Philippe Hayat,
auteur du rapport sur la " Fracture numérique " remis
au Sénat en 2001 a traité la question de la Fracture numérique.
Selon lui, les victimes de la fracture numérique sont les suivants
: l'individu dans sa relation au travail, la PME, la zone géographique
isolée, le citoyen non connecté (lorsque la majorité
de la population française sera connectée), l'entreprise
française (si son retard numérique persiste) et les Pays
en Voie de Développement (PVD). 25 % de la population est exclue
du haut débit en France aujourd'hui. Les PME souffrent d'une
grande exclusion aujourd'hui également : 2 tiers des PME jusqu'à
20 personnes sont connectées à l'Internet et seulement
la moitié d'entre elles ont un site web. Philippe Hayat a également
présenté le cas de sa propre entreprise de textile qui
s'est considérablement développé grâce à
l'outil de l'Internet.
Dominique Roux (pour
la petite histoire) s'est réjouit d'être à la même
table de conférence que le fondateur de l'économie de
l'information et le Prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz.
Dominique Roux a en effet beaucoup écrit sur Monsieur Stiglitz,
mais ne l'avait jamais rencontré auparavant. Selon Dominique
Roux, l'ouverture à la concurrence des services de télécommunication
depuis 5 ans maintenant a permis un plus grand développement
technologique. Aujourd'hui, 30 % de ménages sont équipées
de l'Internet en France. Il rappelle que la fracture numérique
a lieu d'une part en France : quand on entend que les Français
achètent de plus en plus les ordinateurs, il s'agit d'un faux
indice, car ce sont toujours les mêmes consommateurs qui les achètent
(ils s'achètent les machines plus performantes,...). D'autre
part, il y a une fracture entre les pays du Nord et les pays du Sud.
Il dit que la question du service universel se pose pour l'Internet
: ce service existe aujourd'hui par exemple pour le téléphone
fixe (le téléphone coûte le même prix à
la Défense qu'en Moselle). Selon lui, il devrait en être
de même pour l'Internet.
Prix Nobel d'Economie et conseiller de Bill
Clinton, Joseph E. Stiglitz
considère l'Internet comme un facteur de
transparence. Il permet plus de participation citoyenne et beaucoup
de pays en tirent déjà profit - les Etats, ainsi que leurs
citoyens. Selon lui, l'Etat ne devrait pas avoir pour but de donner
une grande quantité de l'information, la quantité ne sert
à rien, c'est la qualité et le choix de l'information
qui compte. Il donne l'exemple du FMI dont il dit que le site web est
mauvais, car il y a beaucoup d'informations, mais on n'y trouve pas
ce qu'on recherche. En plus, selon Joseph Stiglitz, le FMI ne respect
pas le droit à la confidentialité.
Il dit que la défense américaine qui avait créé
l'Internet avait pour but d'accéder à une information
décentralisée (afin de ne pas interrompre ses services
pendant la guerre, mais le problème du contrôle est apparu).
Selon Monsieur Stiglitz, la décentralisation de l'information
peut justement mener à plus de démocratie.
Il dit également que dans beaucoup de pays où la démocratie
n'est pas bien établie, l'expression libre existe grâce
à l'Internet.
L'Internet pose, néanmoins, 3 problèmes :
1/ l'envoi d'un e-mail coûte plus cher que d'en recevoir un
2/ la confidentialité (vie privée,...), mais finalement,
il est possible de crypter les messages
3/ la fracture numérique
Selon lui, certains pays asiatiques, par exemple la Corée du
Sud, sont plus de 15 ans en avance sur l'Europe dans certaines technologies.
La proportion des femmes se servant et travaillant dans les Nouvelles
Technologies est importante dans ce pays. Cela vient du fait que les
femmes qui étaient à la maison se servaient beaucoup de
l'Internet.
Monsieur Stiglitz rappelle encore un autre avantage de l'Internet :
la " territorialité " (si quelques personnes dans le
monde s'intéressent à un sujet très précis,
ils peuvent communiquer grâce à l'Internet).
La fragmentation de la société néanmoins persiste.
Aux Etats-Unis, ils sont en train de connecter toutes les écoles
sur Internet afin d'empêcher cette fragmentation. Dans les pays
moins développés, ceci sera plus dur.
Il y a deux groupes de pays :
là, où le fossé numérique se rétrécit
(Chine, Inde,...)
les pays où il y a peu d'accès à l'Internet
et où les prix de celui-ci sont très élevés
(les pays d'Afrique)
L'Internet constitue un énorme potentiel et c'est à nous
de voir, ce qu'on peut faire de ce potentiel.
Conclusion de l'Atelier - débat
n° 3
Henri Plagnol
qui a créé un forum ouvert sur http://www.internet.gouv.fr
sur la cyberdémocratie, dit qu'il a nommé
Pierre de La Coste pour faire un rapport qui sortira à la fin
de l'année 2002, rapport qui traitera de ce forum.
Selon Henri Plagnol la démocratie virtuelle ne peut pas remplacer
la démocratie représentative. Le problème est de
faire convergence entre les deux. Tout dépend de l'éducation
à l'Internet, mais en même temps, il faut préserver
la créativité, etc. pour produire le meilleur au service
de l'humanité. Il y a un immense travail éducatif à
faire.
Nous avons également assisté au Débat
de clôture : La fracture numérique 
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